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Décider en période difficile ou incertaine

J’ai un entretien avec une dirigeante qui intervient dans le domaine de l’agriculture bio. Les faits relatés signalent clairement un mouvement stratégique en train de s’opérer. Il s’agit de prendre une place différente de celle sur laquelle l’activité était positionnée jusque là dans le paysage partenarial.


Et qui dit mouvement stratégique dit difficultés aussi : en interne, des problèmes sérieux de RH avec un très fort turnover, des personnes qui s’épuisent, des conflits et j’en passe. Avec aussi des difficultés dans les résultats de l’activité. De surcroît, de nouveaux entrants apparaissent qui risquent de devenir des « remplacants » tant ils sont efficaces et aguerris à de nouvelles modalités et de nouveaux outils.


Crédit photo Jonathan Borba - Unsplash



Je lui propose une reformulation à partir d’un Porter sur le mouvement de l’environnement conjoint au mouvement interne dans l’activité. J’apporte quelques éclairages aussi sur la mise en difficultés de salariés conséquente du fait que l’organisation n’a pas été actualisée régulièrement, transformant le cadre de travail en une broussaille difficile à décrypter pour les salariés qui arrivent attirés par le sujet mais partent rapidement car ils ne s’y retrouvent pas dans leur quotidien professionnel.


La situation semble délicate. Nous continuons à éclairer les différents points posés sur la table. Puis, silence.


Et soudain, comme un jaillissement, elle « sait » ce qu’il faut faire, elle le « ressent » comme une évidence. Je l’encourage à écouter cela : il en ressort un axe clair et des actes à mettre en œuvre, moment réjouissant et très productif.


Que s’est-il passé ? Mon hypothèse est que la personne de faits en faits, de reformulation en reformulation, de clarification en clarification a pu soudain laisser cette « évidence » s’exprimer.


Eric Berne appelait ce phénomène l’intuition (c’est d’ailleurs parce qu’il a cherché à étudier ce phénomène qu’il a construit ce qui est devenu l’analyse transactionnelle), Socrate l’appelait Daemon, la tradition Zen l’appelle Bodaishin, c’est l’état de « yoga » dans les Bahgavad Gîta (livre de sagesse indien) etc.


Cette petite voix que nous avons tous permet soudain de voir clair, de sentir clair, et d’agir à partir de là. Là, c’est cet endroit en soi ou soudain, ça sonne juste et ouvre les possibles pour agir là où cela pouvait paraître inextricable.


Et vous quelle est votre expérience de cette clarté spontanée ? Merci de vos contributions !


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